Pourquoi la camionnette électrique n’est pas la solution pour les enjeux du dernier kilomètre urbain ?

Avez-vous entendu parler de la mise en place des ZFE (Zones à faibles émissions) ? Dès 2025, les véhicules les plus polluants n’auront plus accès aux agglomérations de plus de 150 000 habitants, ayant instauré des restrictions de circulation. La transition écologique est donc une question cruciale pour toute entreprise devant assurer la livraison de ses produits en centres-villesLa camionnette électrique est l’une des options envisageables pour répondre aux futures exigences écologiques urbaines. Mais ce moyen de livraison est-il vraiment propre ? À quels enjeux répond-il ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Y a-t-il des solutions de transport de marchandises en ville plus efficientes ? Nous répondons à toutes ces questions et plus encore dans cet article.

Logistique du dernier kilomètre : définition

Pour arriver jusqu’au consommateur final, un produit parcourt de longues distances, passant entre les mains de différents intermédiaires. Le dernier kilomètre, comme son nom l’indique, est la dernière étape de cette chaîne logistique. Bien que cette distance soit assez courte, elle représente entre 25 et 30 % du coût total des frais de livraison d’un colis (source : ADEME). Cela est dû à la complexité de la livraison de marchandise en centre-ville : embouteillages, difficultés de stationnement, etc.

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Les enjeux du dernier kilomètre

Renforcé par la crise sanitaire du Covid-19, l’essor du e-commerce est en nette augmentation. Les habitudes des consommateurs changent. Pour répondre à cette nouvelle demande, les commerçants redoublent d’efforts. Ils proposent des services de livraison toujours plus rapides et accessibles, ce qui impacte le dernier kilomètre sur bien des aspects.

1. Les défis économiques

La livraison du dernier kilomètre est l’étape la plus coûteuse de la chaîne logistique (près d’un tiers des frais totaux du transport d’un produit). Le caractère très concurrentiel et l’augmentation des exigences de la clientèle soutiennent une pression intense sur les acteurs.

Durant le premier trimestre 2022, le e-commerce a enregistré 12 % de progression selon la FEVAD. Cela représente 14,3 milliards d’euros de vente, autant de produits qui doivent être livrés au consommateur le plus rapidement possible. Les besoins en logistique urbaine explosent aussi en raison des nouvelles tendances du marché de l’occasion. Bien que la livraison en points relais regroupe plusieurs commandes en un seul endroit, la circulation ne s’en retrouve pas fluidifiée. En effet, les personnes allant chercher leurs colis rajoutent des flux au sein de la ville.

2. Les défis écologiques

En France, le secteur du transport est responsable de 30 % de la consommation d’énergie et des émissions de Gaz à effet de serre (GES), selon l’Agence de transition écologique (ADEME). Le transport de marchandise en milieu urbain émet 20 % de GES, à lui seul. Il contribue également à l’émission d’autres polluants tels que l’oxyde d’azote à 40 % et de particules à 50 %. Le dernier kilomètre est donc un levier essentiel à actionner pour l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Agir dans ce sens permet également d’améliorer la qualité de l’air en ville.

3. Les défis relatifs à la gestion de l’espace urbain

Pour que les produits atteignent le consommateur final, des espaces de stockage, de circulation et de stationnement sont nécessaires. La logistique du dernier kilomètre doit donc cohabiter avec tous les types de mobilité urbaine (transport des personnes, ramassage des déchets, gestion de la ville, etc.). Métropoles et petites villes doivent innover en matière de gestion de l’espace public pour permettre une circulation plus fluide et moins polluante.

Les avantages de la livraison en camionnette électrique

En camionnette électrique, vous effectuez des livraisons plus écologiques qu’en véhicule thermique. C’est l’avantage principal de ce mode de transport de marchandises dit non polluant. Celui-ci vous permet aussi de vous déplacer sans limites dans les ZFE où des places de stationnement éphémères sont disponibles et gratuites dans la majorité des villes en France.

Assurer ses livraisons en véhicule propre réduit également la pollution sonore. Selon une étude publiée par l’AAE Europa, le bruit de la circulation engendre sur la population de l’inconfort, des troubles cognitifs et des perturbations du sommeil.

Par ailleurs, adopter la livraison écologique permet d’améliorer l’image de marque d’une entreprise. Il ne vous aura pas échappé que les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales. Ils intègrent désormais l’engagement écologique dans leurs critères de choix. Un véhicule de livraison propre est une occasion de gagner la confiance de vos clients et de les fidéliser.

Les inconvénients de la camionnette électrique dans la logistique urbaine

Tout au long de son cycle de vie, la camionnette électrique a deux à trois fois moins d’impact carbone par rapport à un véhicule de livraison thermique du même type. Cela dit, sa production et sa fin de vie sont très polluantes. Produire une batterie nécessite l’extraction et le raffinage de différents métaux tels que le cobalt, le nickel et le lithium. Il s’agit de processus très énergivores qui impactent la pureté des eaux et des sols. Selon l’ADEME, la fabrication d’un véhicule électrique génère en moyenne deux à trois fois plus de GES que son équivalent thermique.

Autre inconvénient : l’autonomie de la camionnette électrique est très limitée. Si vous n’investissez pas dans une borne puissante, la batterie prendra plusieurs heures pour récupérer son énergie. Les bornes rapides permettent certes de la recharger à 80 % en 20 minutes, mais cette solution doit rester occasionnelle, car elle risque d’endommager l’appareil.

La réponse de la cyclo-logistique aux défis du dernier kilomètre

Et s’il existait une solution de livraison plus propre et plus performante que la camionnette électrique pour le dernier kilomètre ? Il s’agit de la cyclo-logistique, la livraison à vélo ! Une étude menée à Londres démontre que ce mode de transport de marchandise réduit de 90 % les émissions de CO2 par rapport à un camion diesel et d’un tiers en comparaison avec une fourgonnette électrique.

Les chercheurs ont aussi conclu que le vélo cargo est 60% plus rapide qu’une camionnette électrique pour des livraisons en zone urbaine, même si celle-ci dispose de plus de capacité de charge. Lorsqu’un cyclo-logisticien dépose 10 colis, un livreur en van en achemine 6…

Le vélo-cargo est plus souple et agile qu’une camionnette électrique et permet de :

  • décongestionner les villes ;
  • gagner en rapidité dans les livraisons ;
  • éviter les embouteillages en prenant des itinéraires alternatifs ;
  • limiter l’étalement urbain et l’artificialisation des sols à long terme ;
  • mieux gérer les espaces urbains.

L’intérêt de la livraison décarbonée en centre-ville : ce qu’il faut retenir

La transition écologique obligera tôt ou tard les entreprises à décarboner leurs livraisons. En logistique urbaine, l’espace est une denrée rare qu’il faut optimiser. Bien que la camionnette électrique soit plus adaptée aux restrictions de circulation en ville que son équivalent diesel, elle participe à la congestion urbaine au même titre que ce dernier. Multipliant les arrêts de livraisons, elle est aussi source d’embouteillage lorsqu’elle s’arrête en double-file.

Agile et adapté à l’espace urbain, le vélo bénéficie de tous les avantages de la camionnette électrique et résout les problématiques qu’elle pose. Avec son petit gabarit, il se faufile dans toutes les ruelles, accède au ZFE et aux zones piétonnes, circulent parfois à contre-sens pour éviter la congestion urbaine (lien). Sa production est par ailleurs beaucoup moins émettrice de GES que tout autre véhicule de livraison. Bref, c’est le bon élève du transport de marchandise en ville !

Convaincu de l’utilité et de l’efficacité de la cyclo-logistique ? Adoptez, vous aussi, la livraison à vélo !

Sources :

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